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Point n°3: Rue Pavé d’Amour

Le nom très poétique de cette rue, suggère qu’à l’époque des fastes raffinés de la Renaissance, le quartier était peut-être fréquenté par quelques dames galantes…

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Cette rue contient les vestiges les plus importants des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles et a gardé son aspect pittoresque d’autrefois.

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Nous nous trouvons en face de la maison dite « des Templiers ». Il s’agit, en fait, des magnifiques restes de l’Hôtel de Luxembourg ou Hôtel de Foresta, appelé, sans qu’on sache encore pourquoi : «Maison des Templiers». Selon la légende, les Templiers ont bel et bien séjourné à Lançon. Au retour de l’une de leurs croisades, ils auraient déposé dans la chapelle du château de Calissanne une chemise de la Vierge Marie. Notre commune bénéficiait alors d’une renommée particulière puisque Calisanne était une commanderie de l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem.

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Mais, revenons à l’Hôtel de Luxembourg. Cet Hôtel a, plus tard, appartenu aux seigneurs Lançonnais qui, désertant les immenses pièces mal chauffées et exposées aux vents de leur château médiéval, vinrent habiter cette belle demeure, plus conforme au goût de l’époque, importé d’Italie.

Sur sa façade est aménagée une porte en plein cintre encadrée de deux demi-colonnes, de style toscan et rehaussée d’un fronton classique triangulaire.

L’ensemble est surmonté d’un médaillon à têtes d’angelots, mufles et lions. A droite de la porte, des fenêtres à meneaux.

Pourquoi des fenêtres à meneaux ?

A la Renaissance, on ne maîtrise pas encore très bien la fabrication du verre plat en larges surfaces, d’ou l’idée astucieuse des architectes de diminuer cette surface de verre en divisant les fenêtres en deux battant inégaux l’un destiné à être ouvert et l’autre pour laisser entrer le plus de lumière possible.

Vous apercevez enfin deux pilastres d’angle, portant une devise latine, aussi mystérieuse que le nom de la rue : «SUB SILEN(TIUM )». Une traduction possible serait : « (Que l’on garde) sous silence » Mais quoi? Telle est la question…

Nous attirons votre attention sur certains détails intéressants de géologie. Nous apercevons en effet à la base de cette façade, une rangée de pierres blanches, et si nous nous rapprochons, nous constatons qu’elle sont composées de coraux et de coquillages. Très friable, cette pierre de 20 millions d’années dite « pierre de Calissanne » permet une sculpture aisée, la contrepartie étant qu’elle se détériore plus facilement. Plus foncée, plus dure la pierre Hauterivienne de 135 millions d’années, complète la construction.

Imaginons à présent une charrette entrant par la grande porte : ses moyeux usent le bas du mur d’angle en raison de l’étroitesse de l’entrée. Usure que nous apercevons toujours au coin de ce mur d’angle.

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Etrange destinée : autour des années 1920, un baron belge, M. DE KASSEL, entreprit de faire démonter l’édifice pierre par pierre, pour le reconstruire à Cannes ! Mais un jour, le baron partit pour un voyage aux Amériques. Les travaux furent interrompus et ne furent jamais repris car le baron décéda au Nouveau Monde ! Cette fin inopinée vaut à Lançon la chance de posséder un précieux vestige du XVIème siècle, classé Monument Historique.

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En descendant sur notre gauche au numéro 2, se trouve une très belle maison du XVIIIème siècle, où la Kommandantur s’était établie durant la seconde guerre mondiale. Sur la droite, plus bas, l’une des vieilles portes du village, datée de 1764. Une autre plus ancienne, se trouve derrière vous, au fond de l’Impasse Pavé d’Amour et daterait du Moyen Age.

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Pour nous rendre à l’église, notre prochaine étape, nous vous suggérons, après avoir retrouvé la Rue principale, un petit détour pour emprunter la rue Marone qui abrite le plus ancien quartier du village.